UNITÉ MOBILE DE SOINS DENTAIRES DANS LE NORD DES LANDES : une réponse adaptée et innovante aux besoins des personnes

Qu'est-ce-que l'Unité Mobile ?

Le nord des Landes est touché par un phénomène de désertification médicale, qui concerne également les chirurgiens-dentistes dont la densité est bien inférieure à la densité nationale et à celle du département. La population locale est confrontée à des problèmes d’accès aux soins dentaires, et cette situation est même accentuée pour les personnes en situation de handicap et pour les personnes âgées dépendantes qui ont des difficultés de mobilité.

Ces populations sont, de fait, doublement pénalisées car non seulement elles ont du mal à obtenir des rendez-vous mais, en plus, peu de structures sont réellement adaptées à leurs spécificités. Il s’en suit un véritable renoncement aux soins alors que ces personnes en auraient au contraire particulièrement besoin.

Dans ce contexte, suite à un diagnostic territorial approfondi et à une modélisation économique, l’Unité Territoriale 40 de la Mutualité Française Landes a décidé, en concertation et avec le soutien d’autres partenaires locaux comme l’ARS, le Conseil Départemental et différentes collectivités territoriales concernées, de créer une Unité Mobile de Soins dentaires sur le territoire du nord des Landes.


Des besoins réguliers et spécifiques en soins dentaires pour les personnes âgées et/ou handicapées

Les dents ont un rôle social fondamental (le sourire, la communication) et jouent un rôle important dans l'alimentation (on n'assimile bien que ce que l'on apprécie de manger).

Notre projet entend apporter une offre dentaire de proximité et adaptée aux personnes en situation de handicap vivant à domicile ou en établissement médico-social. Un suivi dentaire de qualité (hygiène, prévention, soins) fait en effet partie des soins primaires et indispensables.

Les différentes études montrent un état de santé bucco-dentaire des personnes handicapées jugé «catastrophique » alors qu’il constitue à la fois un enjeu majeur de santé publique mais également un enjeu majeur d’intégration sociale.

La question du handicap est intimement liée à celle de la « limitation » d’activités et cette limitation pour « accéder » à la santé bucco-dentaire est à la fois due à des facteurs endogènes (c’est la déficience qui crée une limitation) et à des facteurs exogènes, autrement dit, environnementaux.

Les personnes handicapées constituent un groupe à haut risque de pathologies orales. Elles souffrent tout particulièrement de pathologies infectieuses, carieuses et/ou parodontales, de pathologies fonctionnelles (dues à des dysmorphoses orofaciales) et traumatiques (usures, fractures…).

De plus, de nombreuses personnes handicapées et notamment les personnes souffrant de déficiences mentales, neurologiques ou psychiatriques, ont des médications spécifiques, à base de psychotropes ayant comme effet secondaire une diminution de la quantité et de qualité de salive.

Les soins dentaires de la personne en situation de handicap s’articule autour de 2 axes :

1- Favoriser l’implication des aidants professionnels et des aidants naturels

Les personnes handicapées qui souffrent d’un manque d’autonomie, sont la plupart du temps « aidées » soit par leur famille, soit par un personnel qualifié. C’est notamment le cas pour les personnes souffrant d’un handicap mental.

En fonction du degré d’autonomie, la responsabilité de l’hygiène bucco-dentaire est donc reportée sur l’entourage familial et/ou professionnel. Les moyens de prévention sont les mêmes que pour la population générale à savoir un brossage avec un dentifrice fluoré. Le choix de la brosse à dent et le type de dentifrice seront adaptés au handicap.

La sensibilisation et la formation doivent également et en priorité toucher la personne handicapée elle-même.

Le rôle de la personne accompagnante est absolument fondamental pour le recours aux soins : prendre le rendez-vous, accompagner la personne jusqu’au cabinet, la rassurer, faciliter le transfert éventuel du fauteuil roulant au fauteuil dentaire, donner les explications au praticien, jouer le rôle de « média » entre la personne handicapée et le chirurgien-dentiste…


2- Un recours aux soins adapté

L’accessibilité physique peut être un obstacle aux soins mais les soins spécifiques proposés sont également insuffisants en France.

Le système de soins doit proposer une offre graduée de prise en charge en fonction à la fois du handicap de la personne et de la complexité des soins.

Ainsi, il est souhaitable sur un territoire d’envisager une offre de soins dentaires sur 3 niveaux :

- cabinets de ville,

- structures adaptées aux techniques de sédation (qui peuvent aussi être des cabinets de ville avec équipe dentaire formée et matériel approprié),

- plateaux techniques de type hospitalier pour les anesthésies générales

Ainsi, notre unité mobile de soins dentaires sera clairement une structure adaptée aux techniques de sédation, avec des équipements adaptés et du personnel formé.

Mais nous allons également passer un ou plusieurs partenariats avec des cliniques ou des hôpitaux pour offrir aux patients qui le nécessitent la possibilité de soins sous anesthésie générale.


Les personnes âgées et/ou handicapées du Nord des Landes, grands bénéficiaires de cette unité mobile de soins

L’Unité Mobile de Soins dentaires s’adresse aux 25 structures médico-sociales du Nord des Landes (1334 places) et aux habitants du Nord des Landes (60 462 habitants) et, en particulier, les habitants à proximité des cœurs de ville suivants : Sore, Luxey, Labrit et Sabres.

Au total, 1434 patients/an devraient bénéficier de la création de ce nouveau « fauteuil dentaire » répartis comme suit :
284 patients en situation de handicap (PH) résidents dans des structures médico-sociales (soit 19,8% des patients), 476 patients en EPHAD (PA) (soit 33% des patients) et 674 patients "valides" (dont 10,9% de la population a 75 ans et plus)